Cinq virgule cinq pour cent de nos visiteurs viennent du Royaume-Uni. C’est plus que l’Allemagne. Plus que l’Espagne. Presque autant que la France.
Cet article est pour eux : le couple londonien qui cherche une semaine plus calme que les Maldives, le fondateur de startup dont le thérapeute a suggéré quatre nuits sans WiFi, la famille du Surrey qui veut emmener ses deux adolescents quelque part dont ils se souviendront toute leur vie. Nous ne vous vendrons rien dont vous n’avez pas besoin. Nous vous dirons comment ça fonctionne concrètement depuis Londres.
Pourquoi le Sahara marocain convient aux voyageurs britanniques
L’argument pratique est presque embarrassant de simplicité. Le vol de Londres Heathrow, Gatwick ou Luton vers Marrakech dure 3h30. British Airways, easyJet, Royal Air Maroc et Ryanair desservent la route. Le Maroc est dans le même fuseau horaire que le Royaume-Uni pendant la majeure partie de l’année. Les ressortissants britanniques entrent sans visa pour 90 jours. Le dirham est stable et le coût de la vie représente environ un tiers de celui de Londres.
L’argument culturel est plus riche. Le Maroc apparaît dans Lawrence d’Arabie, Wilfred Thesiger, Paul Bowles, Bruce Chatwin. Il apparaît dans les rubriques voyage du Financial Times Weekend et du Condé Nast Traveller. Pour une île tempérée, le désert représente l’exact contraire : une invitation à l’espace, au silence, à l’essentiel.
Un itinéraire de 7 jours qui fonctionne vraiment
Voici le rythme que nous recommandons pour un visiteur venant de Londres. Ni trop pressé, ni trop lent.
Le premier jour, on atterrit à Marrakech en matinée. Taxi vers un riad dans la médina, promenade dans les souks l’après-midi, menthe à la menthe sur un toit au coucher du soleil, dîner simple, sommeil de bonne heure.
Le deuxième jour s’écoule à Marrakech, lentement. Hammam le matin, jardin Majorelle et musée Yves Saint Laurent dans l’après-midi, dîner dans un restaurant traditionnel de la médina.
Le troisième jour, départ en 4x4 privé vers Ouarzazate. La route traverse le col du Tizi n’Tichka à 2.260 mètres, puis descend vers la vallée du Drâa. Déjeuner à Aït Benhaddou, le ksar inscrit au patrimoine mondial utilisé comme décor dans Gladiator et Game of Thrones. Nuit près d’Ouarzazate.
Le quatrième jour, on poursuit vers le sud. La route longe la palmeraie de la vallée du Drâa sur près de 200 kilomètres de palmiers continus. Déjeuner à Zagora. En milieu d’après-midi, on quitte le goudron à M’Hamid El Ghizlane pour un transfert hors-piste de 45 minutes vers Umnya, à 90 kilomètres de la dernière route. Arrivée pour le thé au coucher du soleil. Les étoiles arrivent lentement. Premier dîner sous le ciel.
Le cinquième jour, une matinée lente. Petit-déjeuner à une table basse : msemmen, miel, olives, café. Balade à dos de chameau à l’aube si on le souhaite. L’après-midi, rencontre avec une famille de nomades qui travaille avec nous : pain cuit dans le sable chaud, rituel du thé, conversation. Coucher du soleil depuis la dune la plus haute. Feu de camp, musique gnawa, dîner.
Le sixième jour, quelque chose s’est déplacé en vous. Les visiteurs britanniques atteignent souvent ce point le deuxième jour au camp : un certain silence intérieur qu’ils décrivent par “je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai ressenti ça”. Randonnée dans les dunes si on le souhaite. Observation astronomique avec notre guide (l’Erg Chegaga est classé Bortle 1, la classification la plus sombre possible).
Le septième jour, retour vers Marrakech. Dernière nuit dans un riad. Dernier dîner. Vol le lendemain matin.
La meilleure période pour un voyageur depuis Londres
Les mois d’octobre et novembre offrent des journées chaudes à 25 degrés et des nuits fraîches à 12 degrés. Décembre et janvier constituent le moment le plus prisé des visiteurs britanniques : des journées à 18-22 degrés, des nuits à 4-10 degrés, un ciel d’une clarté absolue. Février et mars restent excellents. Évitez de juin à septembre : les journées dépassent régulièrement 42 degrés et la nuit reste lourde.
Si vous avez le choix, réservez entre novembre et février.
Ce que les voyageurs britanniques demandent toujours
La question qui revient le plus souvent est celle du confort. Vous disposerez d’un lit king-size avec de vrais draps en coton, d’une salle de bain privée avec douche chaude, de l’électricité en continu et de toute l’eau chaude dont vous avez besoin. La nourriture est généreuse et variée. Le personnel est attentif et discret. Si quelque chose ne convient pas, cela sera corrigé avant que vous finissiez d’expliquer.
La seconde question porte sur la sécurité. Le Sahara marocain est l’une des destinations les plus sûres d’Afrique du Nord. La région ne connait pas d’instabilité politique. Notre camp est en activité depuis 2017 sans incident. L’hôpital le plus proche, à Ouarzazate, est à 4 heures en 4x4. Nous disposons d’une communication satellite, d’un défibrillateur et d’un responsable premiers secours diplomé.
Il y a une phrase que j’entends régulièrement de nos visiteurs britanniques au moment de faire leurs valises : “Je ne réalisais pas à quel point j’étais fatigué.” Pas la fatigue d’une semaine difficile. La fatigue d’une décennie. Le coût accumulé de maintenir une vie londonienne en mouvement : le métro, les emails, les notifications, le sommeil jamais tout à fait suffisant. Quatre nuits de silence dans le désert soulèvent ce poids.
Ce que nous offrons n’est pas exactement un remède. C’est une pause avec assez de gravité pour compter.
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