Il existe des endroits dans l’Erg Chegaga qu’aucun véhicule n’atteint jamais.
Pas parce que le terrain est impossible. Parce qu’il n’y a simplement aucune raison d’y aller : pas de camp, pas de piste, pas de point de passage. Le GPS affiche du sable, puis encore du sable. La seule façon d’y entrer, c’est a pied, au rythme que les familles berbères de M’Hamid utilisent depuis plusieurs milliers d’années.
C’est pour ca que le Retreat Trek Nomade existe. Et pourquoi il est différent de tout ce qui se vend comme voyage de luxe au Maroc.
Ce que vous traversez vraiment
L’Erg Chegaga est le deuxième plus grand champ de dunes continu du Sahara marocain. Il s’etend sur environ 40 kilomètres d’est en ouest, 15 kilomètres du nord au sud. Les dunes les plus hautes approchent les 300 mètres, a peu près la hauteur de la Tour Eiffel sans l’antenne. Elles ne sont pas fixes. Elles se deplacent, lentement, au fil des saisons, en reamenageant couloirs et creux d’une traversée a l’autre.
La plupart des visiteurs de l’Erg Chegaga le voient depuis le bord. Ils arrivent en voiture, installent le camp, regardent le lever du soleil, et repartent. L’expérience est reelle et le paysage est genuinement spectaculaire. Mais ils en voient peut-être trois kilomètres.
Marcher l’erg en entier prend cinq jours. Ce qu’on voit en cinq jours n’est pas davantage du même paysage. C’est un paysage entièrement différent : l’intérieur, les couloirs profonds, les anciennes routes caravanierss, le lac sale saisonnier au bord occidental, les endroits ou les dunes s’amincissent et la hamada rocheuse transparait puis se referme comme un rideau. C’est le Sahara que la plupart des photographies ne montrent pas, parce que la plupart des photographes n’y arrivent pas.
L’équipe qui rend ca possible
Vous ne portez pas votre propre poids. La caravane chameliere s’en charge.
Avant le départ du premier matin, le chamelier charge tout sur les animaux : l’abri de bivouac, les tapis de sol et les sacs de couchage, la nourriture et l’eau, le bois, les tapis. Les chameaux connaissent l’itinéraire a peu près de la même façon que le guide : par instinct, par habitude, par des années de repetition. Ils seront au campement du soir quand vous arriverez.
Le guide est berbère, issu d’une famille qui vit dans la région de M’Hamid depuis des generations. Il ne navigue pas au GPS. Il navigue a la morphologie des versants de dunes, a la direction dans laquelle le vent a sculpte les crêtes, a l’angle du soleil et a la position de certaines étoiles la nuit. Il sait quels versants de dunes tiennent ferme sous le pied dans le froid du matin et lesquels s’effondrent. Il sait ou apparaitront les pistes de fennec après l’aube et ce qu’elles indiquent sur la présence possible d’eau. Il connait des choses sur ce paysage qu’aucun guide de voyage ne contient, parce que ce savoir n’a jamais été mis par ecrit.
Il sait aussi quand parler et quand ne pas parler. Marcher dans le Sahara en silence pendant deux heures n’est pas gene. C’est le but.
Le cuisinier est le troisième élément essentiel. Aucun autre operateur de trekking dans cette partie du Maroc n’emmene un cuisinier sur le terrain. Les autres apportent des provisions. Nous, nous apportons la cuisine.
A quoi ressemble vraiment cinq jours
Le premier jour se passe au camp de base. Vous arrivez a Umnya, vous rencontrez votre guide, vous dinez comme il faut, vous dormez dans un vrai lit. Les telescopes sont installes après la tombee de la nuit : l’Erg Chegaga se trouve dans une zone Bortle Classe 1, et le ciel de nuit ce premier soir sera le point de reference a partir duquel vous mesurerez tout le reste. Avant les nuits de bivouac, quand le ciel au-dessus de vous semblera encore plus grand, il aide d’en avoir vu une version a travers du verre.
Le deuxième jour commence au lever du jour. Vous entrez dans l’erg depuis le bord occidental et marchez vers l’est a travers les principaux couloirs de dunes. Le sable est froid a cette heure et garde votre empreinte clairement. En milieu de matinée, la température monte. Vers midi, vous trouvez un creux entre les dunes et vous vous arretez. Le cuisinier est arrive avant vous. Il y a de la harira, des galettes, des olives, du the. Vous vous reposez quatre-vingt-dix minutes. Puis la marche reprend, plus lente maintenant, dans l’heure doree. Le premier bivouac est dans un creux naturel ou les dunes de tous cotes coupent le vent. Le ciel commence au coucher du soleil et ne s’arrete plus.
Le troisième jour est le plus profond. Il n’y a aucun repere visible. L’horizon est fait de dunes dans toutes les directions. C’est le jour que la plupart des clients décrivent comme le pivot psychologique : le moment ou l’esprit cesse d’essayer de se localiser par reference externe et, simplement… s’arrete. Certains trouvent ca effrayant. La plupart trouvent, au bout d’une heure environ, que c’est le plus repose qu’ils se soient sentis depuis des années. Le deuxième bivouac est encore plus profond : plus loin de toute piste, plus loin de tout son sauf le vent et le cri occasionnel de quelque chose de nocturne que personne ne peut identifier.
Le quatrième jour tourne vers l’ouest en direction de l’Iriki. Le lac sale est ancien, plat, et blanc : une surface si différente des dunes que les yeux mettent un moment a s’ajuster. Dans certaines saisons, une mince couche d’eau le recouvre. A ces moments-la, le ciel se reflete sur la surface et l’horizon disparait. On marche sur ce qui ressemble au bord du monde et en est assez proche. Le troisième bivouac est de retour dans les dunes, cette fois près du perimetre occidental de l’erg.
Le cinquième jour est le retour. Deux a trois heures de marche dans la fraicheur du matin, la direction d’Umnya identifiable avant qu’on puisse la voir, juste par la légère depression dans la ligne de dunes ou le camp est installe. Douche chaude. Vrai lit pour l’après-midi. Dîner. Et les telescopes encore une fois, cette fois avec la conscience de l’endroit ou on a été.
La gastronomie : ce qu’aucun concurrent ne propose
Le standard de toutes les operations de trekking désert est la nourriture portable. Barres energetiques et pates. Sardines en boite. Ca fonctionne.
Le cuisinier d’Umnya fait quelque chose de différent. Chaque matin : galettes cuites dans les braises du feu du petit-déjeuner, miel, huile d’argan, figue confite. Le pain prend huit minutes et a le goût d’un pain cuit le matin même parce que c’est le cas. Déjeuner a l’étape : une salade froide au citron confit, aux olives et aux herbes fraiches preparee pendant que vous marchiez. Dîner : un repas en deux plats servi sur des tapis berbères dans les dunes, a la bougie. Mechoui cuit lentement dans un four de sable. Pastilla au pigeon et aux amandes. Kefta aux oeufs et tomates. Un repas qu’on jugerait excellent dans un restaurant avec une recommendation serieuse. Ici, au milieu du Sahara, sans adresse, sans murs, et la Voie lactée au-dessus, c’est quelque chose pour quoi il n’existe pas de mot précis.
C’est ce qu’on veut dire par ce positionnement : le seul restaurant au monde sans adresse.
Le ciel
La troisième ou la quatrième nuit du trek, allonge dans le sac de couchage en bivouac ouvert, vous remarquerez quelque chose qu’aucune photographie ne prepare vraiment.
La Voie lactée, dans un ciel Bortle Classe 1 sans lune, n’est pas une trainee pale. Elle a une couleur : blanche au centre, bleue aux bords, assez dense dans certaines directions pour qu’on percoive une structure a l’intérieur. Les étoiles filantes arrivent toutes les quelques minutes, pas toutes les quelques heures. Les yeux commencent a voir des étoiles qu’ils ne peuvent voir nulle part ailleurs, parce qu’il n’y a rien pour leur faire concurrence.
Et le ciel ici, en bivouac, a une qualité particulière que le ciel au camp de base n’a pas : il descend jusqu’au sol. Pas de paroi de tente, pas de bord de camp, pas de lueur ambiante d’un generateur. Vous etes allonge dans le sable et les étoiles sont votre plafond et elles commencent exactement la ou s’arretent les crêtes des dunes. C’est l’un des rares endroits restants sur Terre ou c’est vrai.
Pour qui
Le Retreat Trek Nomade est une expérience physique. Six a huit heures de marche par jour sur sable mou pendant trois a quatre jours consecutifs. Un travail des chevilles et des mollets qu’on ressent. Pas aerobiquement extreme, mais cumulativement exigeant. Il faut être en bonne forme de marche, avec de bonnes chaussures de randonnee et sans blessure articulaire significative.
C’est aussi une expérience psychologique. Une fois dans l’erg, la route la plus proche est a 60 kilomètres. Il n’y a pas de réseau. On ne peut pas envoyer de message ni en recevoir. Pour les clients habitues a une connectivite permanente, c’est l’ajustement qui arrive le deuxième jour : la realisation que rien n’a besoin de réponse pour l’instant, et que c’est bien.
Le retreat est concu pour :
- Les voyageurs actifs qui trouvent le luxe standard trop passif
- Les couples et groupes proches de deux a huit personnes qui veulent un defi partage comme cadre pour du temps ensemble
- Les voyageurs solos, qui representent une part significative des clients et evaluent systematiquement l’expérience comme l’une des plus clarifiantes de leur vie
- Quiconque a déjà fait du trekking grande distance et veut le vivre dans un paysage sans equivalent
Age minimum : 16 ans. Groupe maximum : 8 personnes. Chaque départ est privé : vous ne partagez pas votre guide ni votre bivouac avec des inconnus. Les facilitateurs qui souhaitent amener leur propre groupe au camp peuvent construire un format sur mesure autour du trek.
Le camp de base comme cadre
Ce qui differencie cela d’un trek désert standard, c’est le cadre autour.
Vous commencez a Umnya : un vrai lit avec linge de maison, une salle de bain privative avec douche solaire, une terrasse privée face aux dunes, un chef. La première nuit est une nuit de préparation : bonne nourriture, bon sommeil, le confort d’avoir son materiel organisé dans une chambre avec de l’espace. La dernière nuit est une nuit de récupération : le contraste avec ce qu’on vient de vivre rend la douche extraordinaire, le lit merite, le dîner festif.
Le trek lui-même est le voyage. Le camp est l’ancre a chaque extremite. Ensemble, ils forment quelque chose qu’aucun des deux ne fait seul.
Pour les dates, les disponibilités et les demandes de groupes privés, voir la page du Retreat Trek Nomade ou contacter le camp directement. Chaque départ est confirmé selon les disponibilités et est privé du premier au dernier soir.
L’erg n’a pas de carte. Le guide n’en a pas besoin.