Le marché de la retraite féminine a un trou en son milieu. À un bout, beaucoup de bien-être : yoga au lever du soleil, journal, bain sonore, un très bon dîner. À l’autre, le vrai voyage d’expédition, largement vendu à des hommes et peuplé par eux.
Entre les deux se trouve un groupe de femmes qui veulent quelque chose de physiquement réel, ne veulent pas être la seule femme d’un voyage conçu par et pour des hommes, et sont lassées qu’on leur vende du repos quand ce qu’elles cherchent est de la difficulté.
C’est à elles que ce format s’adresse.
Ce qui en fait une expédition plutôt qu’une retraite
La distinction n’est pas commerciale. Trois choses changent.
Vous vous déplacez. Une retraite a une base et rayonne autour. Une expédition couvre du terrain, dort ailleurs, et arrive quelque part d’où elle n’est pas partie. Notre format place des nuits en bivouac dans les dunes entre des nuits au camp, ce qui signifie que le milieu de la semaine se passe réellement là-bas.
Vous portez quelque chose. Pas tout, et pas le lourd. Une caravane de dromadaires prend les bagages, l’eau, la nourriture et l’abri, et c’est ce qui rend réaliste de marcher toute la journée. Mais vous portez votre propre sac de jour et prenez vos propres décisions sur les couches, l’eau et l’allure, ce qui est un rapport au voyage différent de celui où l’on vous tend une serviette.
On vous demande quelque chose. Cinq à sept heures par jour sur du sable mou, plusieurs jours de suite, avec des montées de dunes courtes et raides. Le sable coûte environ un quart d’effort de plus que la même distance sur un sentier. Personne n’est en danger et personne n’est confortable, et c’est le dispositif.
À quoi ressemblent les journées
L’arrivée et le camp. Une nuit à Umnya d’abord, avec un vrai lit et une douche chaude, parce que commencer une expédition fatiguée est une mauvaise idée et que la plupart arrivent fatiguées.
Dans l’erg. Marche vers l’est depuis le camp, dans les couloirs de dunes, la caravane derrière. Une longue halte à l’ombre aux heures les plus chaudes, qui n’est pas tant une pause que la structure même de la journée.
Le bivouac. Un matelas et une vraie literie installés dans une dépression abritée avant votre arrivée, une cuisinière qui voyage avec le groupe, le dîner servi sur des tapis à la lumière des bougies, et une tente sanitaire privée. La plupart des femmes dorment à la belle étoile plutôt que sous l’abri, à cause du ciel.
La journée profonde. La plus longue marche, où en fin de matinée il n’y a plus de repère dans aucune direction et où la guide lit la forme des dunes, l’angle du soleil et le vent plutôt que de suivre quoi que ce soit. C’est la journée dont on parle ensuite.
Le retour au camp. Douche chaude, vrai lit, un long dîner, le télescope après la nuit tombée.
Pourquoi le caractère féminin compte en pratique
Nous accueillons aussi des groupes mixtes, et la différence ne tient pas à la capacité. Elle tient à une série de petites frictions qui disparaissent.
Personne n’est attendu ni servi. Le rythme cesse d’être compétitif. Les conversations au bivouac vont ailleurs dès la deuxième nuit. Et dans un endroit sans portes, les réalités pratiques de quatre jours dans un désert se disent simplement au lieu de se contourner.
Notre propre organisation change pour ces groupes. Le service est assuré par une équipe féminine de Marrakech et d’Ouarzazate, et nous travaillons avec un groupe tournant de Marocaines spécifiquement pour les retraites féminines : des professionnelles de l’hôtellerie formées, certaines venues de l’hôtellerie de luxe, parlant couramment arabe, français et anglais.
La condition physique, honnêtement
Il faut être à l’aise pour marcher cinq à sept heures par jour sur du sable mou, plusieurs jours de suite. Si vous marchez régulièrement et encaissez une journée complète en montagne sans souffrir, cela passera. En cas de doute, le format court de trois jours existe précisément pour cela et il n’y a aucune honte à le prendre.
Les âges dans les groupes que nous accueillons vont de la fin de la vingtaine à la fin de la soixantaine. La doyenne à avoir bouclé la traversée complète avait soixante-huit ans. La condition physique compte bien plus que l’âge.
Ce que ce n’est pas
Ce n’est pas une retraite de bien-être. Il n’y a pas de programme de soins intégré aux journées de marche, et le massage est à la fin plutôt qu’au fil de l’eau.
Ce n’est pas une retraite de silence, même si la journée profonde devient en général silencieuse d’elle-même.
Ce n’est pas une balade à dromadaire. Les dromadaires portent la charge. Vous marchez.
Taille du groupe et dates
De deux à douze, et chaque départ est privé. Douze est une limite ferme : au-delà, un bivouac cesse de ressembler à un bivouac.
D’octobre à avril. Mars, avril, octobre et novembre sont les mois les plus forts.
Établi sur devis plutôt que tarifé sur catalogue, parce que l’itinéraire, le nombre de nuits et la taille du groupe changent tous ce qu’il faut mobiliser.
Pour en organiser une
Dites-nous la taille du groupe, les dates, l’éventail d’expérience de marche, et si vous voulez la forme de trois, cinq ou sept jours. Si vous êtes facilitatrice et amenez votre propre groupe, précisez ce qu’il vous faut au-delà de la marche : un espace de cercle au bivouac, une tente privée pour des entretiens, une retraite sans alcool.
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