Retraite aventure femmes Maroc Erg Chegaga
Aventure

Retraite aventure femmes Maroc Erg Chegaga

La différence entre regarder un désert et le traverser

Presque tous les itinéraires sahariens du Maroc sont bâtis autour de l’arrivée. On roule, on grimpe une dune au coucher du soleil, on photographie, on dort, on repart. Le désert est un décor, et un décor est une chose devant laquelle on se tient.

Cinq nuits à pied, c’est une tout autre proposition. Le deuxième matin, le camp est derrière vous, il n’y a plus que de la dune devant, et le seul moyen d’atteindre le prochain point d’eau, ce sont vos jambes. Cela change la relation. Le désert cesse d’être une vue et devient une chose dans laquelle on se trouve, avec laquelle on négocie, que l’on apprend à lire. Au quatrième jour, la plupart des marcheuses cessent de photographier, non par fatigue, mais parce que l’envie de capturer s’en est allée sans bruit.

C’est la version du Sahara que presque personne ne vend, parce qu’elle exige cinq jours, une caravane et une équipe qui accepte de dormir dehors avec vous.

La forme des cinq nuits

Première nuit, au camp. Vous arrivez à Umnya depuis M’Hamid El Ghizlane, soixante kilomètres de piste après la dernière route goudronnée. Votre tente, votre salle de bain, et le camp fermé à quiconque d’autre. On mange bien, on dort longtemps, un télescope sort après le dîner. Personne ne marche encore.

Deuxième, troisième et quatrième jours, la marche. Quinze à dix-huit kilomètres par jour à travers l’Erg Chegaga, départ aux premières lueurs quand le sable est encore froid, arrêt pendant le plus dur de l’après-midi. La caravane porte l’eau, le couchage, la cuisine et vos sacs. Vous portez un sac léger. L’itinéraire va d’est en ouest par les hautes dunes, longe le lac salé d’Iriki et deux oasis qui ne figurent sur aucune carte vendue à Marrakech.

Les trois nuits de bivouac. Aucune structure. Le couchage posé sous le vent d’une dune, un feu, le dîner cuit là où l’on s’est arrêté. C’est pour cette partie que les femmes reviennent.

Cinquième nuit, retour au camp. L’eau chaude, votre salle de bain retrouvée, et un dîner qui tient vraiment de la fête. La plupart des groupes veillent très tard cette nuit-là.

Le bivouac, dit franchement

La question que toutes les femmes posent en premier, et à laquelle la plupart des opérateurs répondent de façon floue, c’est celle de la toilette et de l’intimité pendant trois nuits en pleine dune.

La réponse directe. Au camp, la première et la dernière nuit, chaque tente a sa salle de bain et sa douche chaude. Pendant les trois nuits de bivouac, il n’y a pas de douche. Il y a de l’eau tiède matin et soir pour se laver, à l’abri, derrière un enclos que nous transportons et montons à chaque étape. Un second enclos sert de toilettes, déplacé et enfoui chaque jour. C’est digne et c’est réellement privé, et ce n’est pas une salle de bain.

Nous le disons sans détour parce que les femmes qui font ce voyage sont précisément celles qui préfèrent savoir. Trois jours sans douche, dans l’air sec du désert, est bien moins désagréable que cela n’en a l’air. Mais ce sont trois jours sans douche, et celle pour qui ce n’est pas le bon voyage doit choisir le séjour plus court au camp, qui est un très beau voyage et non un moindre.

Qui marche avec vous

Deux guides berbères issus de familles de M’Hamid, qui s’orientent à la forme des dunes et à la direction du vent plutôt qu’au GPS, et qui font cette traversée depuis l’adolescence. Un cuisinier, qui marche tout le trajet et tire d’un feu et d’une caravane des repas qu’il n’a aucune raison de réussir aussi bien. Des chameliers avec les bêtes.

Et une femme de l’équipe du camp, qui marche tout l’itinéraire avec le groupe. Ni comme guide, ni comme chaperon. Elle est là pour qu’à n’importe quelle heure de n’importe quelle nuit, il y ait dans le groupe une femme qui travaille pour nous, parle les langues, connaît le terrain, et que l’on peut réveiller.

La tenue de notre équipe auprès des femmes qui voyagent ensemble est ce dont nos clientes parlent le plus souvent, avec leurs propres mots, sur TripAdvisor et dans les mots qu’elles laissent en partant. Nous préférons que vous alliez le vérifier vous-même plutôt que de vous en croire sur parole.

Ce que fait le corps

Le deuxième jour est le dur. Le sable mou coûte environ trente pour cent d’effort de plus qu’un sol ferme, et des jambes habituées au bitume s’en aperçoivent dès le milieu de la matinée. Personne n’aime la dernière heure du deuxième jour.

Le troisième jour, quelque chose s’ajuste. La foulée change, le rythme se pose, et marcher cesse de coûter de l’attention. Au quatrième jour, la plupart des femmes marchent mieux qu’elles ne l’ont fait depuis des années, et s’en étonnent. C’est une adaptation physiologique très ordinaire, et c’est aussi, invariablement, l’un des souvenirs les plus durables.

Il n’est pas nécessaire d’être sportive. Il faut pouvoir marcher cinq à six heures sur un terrain irrégulier, avec des pauses, plusieurs jours de suite. Nos groupes ont compté des femmes de plus de soixante ans et des femmes qui n’avaient jamais porté de sac de la journée.

Le ciel depuis un bivouac

L’Erg Chegaga est classé Bortle 1, l’échelon le plus sombre qui existe. Depuis le camp, c’est déjà extraordinaire. Depuis un bivouac, sans la moindre lanterne, sans toile de tente ni structure entre le ciel et vous, c’est encore autre chose.

Vous dormez le visage tourné vers lui. La Voie lactée n’est pas une traînée mais un objet strié, structuré, faiblement coloré, avec une profondeur visible. À chaque départ, plusieurs femmes décident, la deuxième ou la troisième nuit, de déplacer leur couchage loin du feu et de dormir à l’écart du groupe. Nous le prévoyons.

Pour qui

Pour celles qui veulent que le désert leur demande quelque chose. Pour des amies qui ont déjà fait la version balnéaire de ce voyage et veulent la vraie. Pour des collègues ou une promotion qui préfèrent arriver quelque part ensemble plutôt que de s’asseoir dans une salle de plus. Pour les femmes seules, qui forment une bonne part de chaque départ et qui savent en général dès le premier jour qu’elles ont eu raison.

Ce n’est pas pour celle qui espère être choyée dans le confort pendant cinq jours. Ce voyage existe aussi chez nous, nous le faisons très bien, au camp, avec de l’eau chaude tous les soirs.

Comment venir

L’expédition se déroule d’octobre à avril, pour des groupes de quatre à douze. Le camp est à vous seules la première et la dernière nuit. Dites-nous vos dates et combien vous êtes, et nous vous envoyons l’itinéraire complet, la liste du matériel et les conditions par écrit avant tout versement.